La FNSEA et les JA mettent la pression sur Lactalis


Bord de route dans la Sarthe - Photo : JA de la Sarthe
A l’initiative des JA et de la FNSEA, des manifestations de producteurs se succèdent depuis une semaine dans le grand Ouest contre l’industriel laitier.

 

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Les syndicalistes Jeunes Agriculteurs et FNSEA du grand Ouest ont haussé le ton depuis plusieurs jours vis à vis de la société Lactalis.

Avec une paie de lait jusqu’à 252€/1000L en juillet, les syndicats répercutent par des actions de communication le choc ressenti dans les fermes de leurs adhérents.

 

De la crème hollandaise dans la Manche

Les Jeunes Agriculteurs de la Manche ont intercepté à Isigny-le-Buat dans la nuit du 31 juillet le camion d’un transporteur espagnol acheminant de la crème en provenance de Hollande à l’usine Lactalis. La prise s’est voulue symbolique, le camion n’ayant pas été immobilisé longtemps et sa cargaison laissée intacte.

 

 

 

Les JA de la Manche accusent Lactalis d’être "l’entreprise qui paye le lait le moins cher. Elle se justifie en communiquant qu’il y a de la surproduction de lait en France. Et de décimer les élevages par sa politique de prix bas"

"Comment comprendre que Lactalis applique des pénalités à ses producteurs, dès lors qu’ils dépassent leurs volumes contractuels, et voir arriver de la crème étrangère dans leur usine, qui fabrique du beurre de la célèbre marque française PRESIDENT ?", s’interroge le syndicat.

Les JA de la Manche affirment par cette action de "souhaiter assurer un produit de qualité aux consommateurs comme les producteurs français savent le faire". Mettant ainsi en doute la qualité de conservation de la cargaison du camion intercepté "après deux jours de transport dans une citerne non réfrigérée."

Les JA de la Manche décrivent le baromètre du moral des agriculteurs de la région "comme le prix d’achat de leurs produits : au plus bas !". Une action syndicale qui en appelle d’autres, avec une rencontre prévue le 5 août avec des répresentants de Lactalis sur le site de transformation de Sainte-Cécile.

 

 

 

 

 

Enchainés à leur laiterie dans l’Orne

La FDSEA et les JA de l'Orne avaient appelé à un rassemblement le 3 août devant l’usine Lactalis de Domfront. Une quarantaine d’entre eux avaient fait le déplacement. Et plusieurs d’entre eux sont enchaînés aux barrières de la laiterie de manière symbolique pour dénoncer "le fait d’être  enchaînés par les contrats signés avec les laiteries".

Dans un communiqué commun, les syndicats affirmaient "ne plus pouvoir tolérer l’attitude de certains groupes laitiers de se servir des éleveurs comme variable d’ajustement d’une politique mettant en péril l’ensemble d’une filière."

Reçus par les responsables de site et de production, Alexis Graindorge président des JA et Anne-Marie Denis présidente de la Fdsea 61 leur ont fait état de leurs revendications sur le prix du lait, avec une comparaison avec l’année antérieure "ils étaient entre 5 et 10 euros inférieurs par rapport aux autres laiteries."

Anne Marie Denis a précisé les critiques syndicales à la sortie de l’entrevue : "Sur cette année, Il se permettent d’avoir un prix de base très bas. Et de donner un complément aux producteurs, sur lequel ils communiquent beaucoup. Une aide généreuse qui n’est pas une aide supplémentaire au prix de base, mais plutôt une aide incitant à faire baisser le prix de base"

Pour Alexis Graindorge, des JA de l’Orne,  "Lactalis et d’autres rémunèrent le prix du lait au producteur autour de 250 € les 1 000 litres quand des entreprises de tailles plus modestes jouent encore le jeu de payer le prix du lait autour de 300 € les 1 000 litres" .

 

 

 

Des messages aux vacanciers en Vendée

La FDSEA de Vendée, la FNSEA de Loire-Atlantique, JA de Vendée et JA de Loire-Atlantique, ont mené, ce lundi 1er août, une opération de communication à destination des vacanciers.

 

Un avion publicitaire délivre aux vacanciers un message des syndicats agricoles - Photo FDSEA 85

 

 

Et une fois n’est pas coutume, les syndicats se sont exprimés dans le ciel du littoral à l’aide de deux avions. Ceux là mêmes qui tractent durant l’été des banderoles publicitaires. Deux avions ont ainsi sillonné le ciel au dessus des plages de La Baule, Saint Brévin, Sainte Marie de la Mer, Noirmoutier, Sion, Bretignolles sur Mer, Les Sables d'Olonne et  La Faute sur Mer.

Les plagistes des deux départements ont découvert les deux messages : "Lactel ruine les éleveurs" et "Sauvez l'élevage : allez chez Système U".

 

 

Des slogans dans le ciel du littoral - Photo : FDSEA 85

 

Ces messages ont eu pour but de dénoncer d’une part  : "la non revalorisation des prix du lait par l'entreprise Lactalis alors que les éleveurs subissent une crise sans précédent". et pour le second "le refus d’engagement de Leclerc et de Carrefour dans la démarche Coeur de gamme dans laquelle Système U s'est engagé, engendrant une revalorisation du prix à l'éleveur."

 

 

Banderoles en bord de route dans la Sarthe

Les JA et la FDSEA de la Sarthe avaient entrepris dès le 29 juillet de placer des banderoles à messages explicites au bord des routes.

Cette action avait été précédée dans la matinée de la pose de d’autocollants sur les produits Lactalis dans les rayons produits laitiers de supermarchés.

 

 

 

Lactalis se défend

Le groupe Lactalis a réagi dès le 29 juillet aux premières actions de la FNSEA, des JA et de la FNPL. Il dénonce "des actions syndicales irresponsables", et affirme "œuvrer dans le sens d’une amélioration de la recette laitière des producteurs", estimant "à plus de 75 millions d’euros l’enveloppe financière consacrée au soutien des producteurs depuis le 4ème trimestre 2015".

"Prendre l’entreprise pour cible ou bouc émissaire d’une crise laitière qui est européenne et mondiale de manière permanente et exclusive et, ce quels que soient les motifs, n’est pas acceptable" déclare Michel Nalet porte parole du Groupe Lactalis. "Dénigrer, sticker les produits à marque du Groupe Lactalis c’est scier la branche sur laquelle les producteurs, et en premier lieu ceux livrant à Lactalis, sont assis."

 

La FNPL soutien la démarche syndicale

Estimant que « toutes les vérités sont bonnes à dire », la Fédération Nationale des Producteurs de Lait a déclaré : "le syndicalisme est dans son rôle quand il fait savoir ce que Lactalis veut cacher."

Réagissant à la prise de position de Lactalis, la FNPL a fustigé "un groupe qui cultive le secret de ses chiffres et de ses excellents résultats économiques ". Ce géant qui pèse près de 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires se dit « gêné »  par quelques syndicalistes agricoles qualifiés d’" irresponsables ». De quoi parle-t-on ?".

Pour la FNPL, "Les producteurs de lait français produisent pour du beurre car des groupes leaders comme Lactalis n’ont comme objectif que de s’approvisionner au prix le plus bas. Et comme si cela ne suffisait pas, les fournisseurs de Lactalis que sont les producteurs de lait subissent le manque d’ambition de cette entreprise au niveau français. Lactalis préfère investir et faire son beurre ailleurs !"

 

 

 

 

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03 Août 2016 | Benoît Thiollent

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