Pour le maraîcher, « les Amap, c’est une vraie sécurité »


© B.Delabre
Maraîchers à St-Martin-l’Hortier, Isabelle et Fabrice Fortin ont misé sur les Amap pour sécuriser leur revenu et leur entreprise.

 

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Isabelle et Fabrice Fortin sont maraîchers depuis 5 ans à St-Martin-l’Hortier, en Seine-Maritime. Installés le long de la Béthune, ils cultivent 4 hectares en agriculture biologique, et disposent de 1 200 m² de serres.

Dès leur installation, ils se sont rapprochés du réseau des Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). Avec un objectif : sécuriser un volume de vente et assurer une trésorerie régulière.

 

Un volume de vente assuré

 

Gérer plus facilement les récoltes étagées

 

Une clientèle exigeante

 

6 ou 7 légumes au moins dans chaque panier

 

 

Un volume de vente assuré

 

La première AMAP a été créée en France en 2001. Depuis, le concept s’est propagé dans toutes les régions de l’hexagone, et même outremer. L’idée est de créer un pool de consommateurs autour d’un ou plusieurs producteurs.

Chaque membre de l’association s’engage à acheter un nombre défini de « paniers » chaque mois et en général paie d’avance. Un vrai atout pour les producteurs qui peuvent ainsi plus facilement gérer leur production, leurs stocks et leur trésorerie.

« Les Amap c’est une garantie de vente toutes les semaines. C’est une vraie sécurité. » insiste Fabrice Fortin, qui après son premier engagement a très vite été sollicité par d’autres associations du secteur.

Aujourd’hui, Fabrice et Isabelle en livrent 3 sur l’agglomération de Rouen, et une à Dieppe. Soit 80 à 100 paniers par semaine et 4 jours de distribution les mardis, mercredis, jeudis et vendredis.

« On rentre en général vers 20 h… témoigne Fabrice Fortin. Mais un marché à préparer ça fait terminer tard aussi, et en plus derrière il faut se lever de bonne heure, avec une certaine incertitude sur le volume de vente. »

 

Gérer plus facilement les récoltes étagées

 

En Amap, au contraire, le volume de vente est certain. Et le système des paniers permet à Fabrice et Isabelle une grande flexibilité dans les rotations et dans la conduite des récoltes. En effet, en dehors des légumes de saison de base, « on fait un peu ce qu’on veut » se félicite Fabrice Fortin.

« On gère nos récoltes beaucoup plus facilement et on limite les pertes. Et sur un marché, il faut avoir toutes les sortes de légumes, tout le temps. Avec les Amap, nous n’avons pas l’utilité de tout faire. »

Mieux, les Amap peuvent être un excellent complément à d’autres modes de commercialisation. Le fait de choisir la constitution des paniers permet d’écouler la marchandise excédentaire.

La preuve, Fabrice et Isabelle sont présents tous les 15 jours sur un marché bio près de Rouen. Et ils aliment désormais deux magasins de producteurs : Le Local à Bois-Guillaume et La Ferme de vos Envie à St-Martin-en-Campagne, près de Dieppe.

Mais attention, prévient Fabrice Fortin, cela ne doit pas se faire au détriment de la qualité ou de la fraîcheur, ni de la diversité du panier.

 

Les Jardins de la Béthune Fortin Fabrice et Isabelle

© B.Delabre

 

Une clientèle exigeante

 

En effet, cette souplesse affichée des Amap n’est pas sans limite. Consom’acteurs, les Amapiens ne sont pas toujours une clientèle facile. Ils savent ce qu’ils veulent et pourquoi ils sont là.

Au point qu’il est parfois suggéré qu’il se ferme autant d’Amap qu’il ne s’en crée…

Toutefois, selon le Mouvement inter-régional des Amap (Miramap), la tendance reste à la création de nouvelles Associations. En 2015 le Miramap dénombrait plus de 2000 associations, représentant plus de 250 000 Amapiens. Mais les évolutions sont permanentes et les dynamiques très locales.

Dans les régions précurseurs du mouvement (Ile de France, Aquitaine ou Rhône-Alpes par exemple), la dynamique est moins forte que par le passé.

La demande reste bien présente, mais les listes d’attentes sont moins longues, notamment du fait du développement de nouvelles formes de commercialisation en circuits-courts (magasins de producteurs notamment).

D’autres régions, parties plus tard dans le mouvement, connaissent une forte augmentation du nombre d’Amap.

Si globalement, les Amap sont plutôt concentrées dans les zones urbaines ou périurbaines, des initiatives très rurales sont aussi recensées. Les fruits et légumes représentent le plus souvent le cœur de fonctionnement des Amap, mais là encore des exemples existent d’associations créées sans arboriculteur, ni maraîcher.

 

Les Jardins de la Béthune

© Les Jardins de la Béthune

 

6 ou 7 légumes au moins dans chaque panier

 

En tout cas, pour Fabrice et Isabelle Fortin, c’est souvent le maraîcher qui donne le ton de l’Amap et qui en assure la stabilité. Il faut donc de la qualité, du temps d’échange et d’explication, mais aussi une certaine diversité de produits.

Au minimum 6 ou 7 légumes différents dans chaque panier, et un renouvellement d’une semaine sur l’autre. Une contrainte de diversité, que Fabrice et Isabelle vivent plutôt comme un avantage.

Elle permet de mieux suivre le rythme de maturation des cultures et surtout de « se faire plaisir à cultiver des choses un peu différentes. » Néanmoins cela suppose de disposer d’une grande diversité de plants. Une difficulté que Fabrice et Isabelle ont surmontée en produisant eux-mêmes leurs plants.

Non, décidément, Fabrice et Isabelle Fortin ne trouvent pas de vrai inconvénient à travailler avec les Amap.

 


Les Jardins de la Béthune

 

64 rue de la Béthune 76270 Saint-Martin-l'Hortier

 

Fabrice et Isabelle Fortin - 06 06 89 39 53 - contact@jardindelabethune.fr


 

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22 Janvier 2018 | Benoit Delabre

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