Plaidoyer pour des abattoirs de proximité


© B.Delabre
Plusieurs organisations et personnalités plaident pour le redéploiement territorial de petits outils d'abattage, notamment pour porter les circuits-courts.

 

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La gestion des abattages des animaux d’élevage continue d’animer la société française.

Quand les militants de la cause animale et les végans (militants anti-spécisme) poursuivent leur martèlement médiatique notamment via les réseaux sociaux, les éleveurs, eux, poursuivent leur réflexion autour de cette question… en y intégrant une dimension économique.

Ainsi une vingtaine d’organisations défenseurs de l’agriculture paysanne ont-elles signé le 11 décembre une tribune en faveur de l’abattage de proximité.

L’idée : recréer un maillage territorial d’abattoirs de petites capacités, quand depuis des plusieurs décennies, la tendance est à l’inverse à la concentration des abattages dans de grosses structures industrielles.

Cette situation complique voire empêche parfois l’accès de certains éleveurs aux structures d'abattage en plombant leurs coûts de production. Le coût de transport et d’abattage peut en effet flamber, en particulier lorsque le nombre d’animaux à abattre est faible, qu’il s’agit d’animaux hors norme ou que l’élevage est trop éloigné des circuits d’enlèvement les plus fréquents.

 

Promouvoir une certaine vision de l'agriculture

 

A Forges-les-Eaux, l'abattoir devrait rouvrir bientôt

 

Les organisations  et personnalités signataires

 

 

Promouvoir une certaine vision de l'agriculture

 

Pour les signataires, parmi lesquels figurent la Confédération paysanne, le Modef (un syndicat agricole), la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) ou France Nature Environnement, le redéploiement de petites structures d’abattage aurait de multiples intérêts.

D’abord, il permettrait « aux éleveurs et aux bouchers d'assurer leur autonomie en matière d'abattage », et ce même dans de petites quantité, notamment pour les éleveurs misant sur des produits labellisés (Bio par exemple) et/ou en vente directe.

Avec moins de transport, plus de flexibilité et de proximité, cela correspond en outre à la conception qu’ont les signataires de cette tribune, d’un élevage durable et de qualité, et donc d’une alimentation saine, éthique et de qualité.

Ce redéploiement « devra permettre de garantir une viande de qualité, tant en termes de provenance que de conditions d'élevage, d'optimiser l'approvisionnement local en viandes, tant au niveau des particuliers que des collectivités locales ainsi que des magasins de proximité. »

Dans l’idée des signataires de la tribune, cette mise en place, encadrée réglementairement, ferait l'objet dans un premier temps d'une expérimentation sous contrôle des autorités sanitaires, répondant ainsi aux préconisations de la commission d'enquête parlementaire de 2016 sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français.

Dans un second temps, cela permettrait de mettre la réglementation française en adéquation avec le volet flexibilité du paquet hygiène (règlement de l’Union européenne) et d'évaluer celui-ci en mettant en œuvre des mesures appropriées à la taille des structures dépositaires.

 

A Forges-les-Eaux, l'abattoir devrait rouvrir bientôt

 

Les signataires insistent sur le fait qu'aucun obstacle objectif ne leur parait empêcher un tel redéploiement d'outils. D’autant qu’ils constatent que localement des structures d’abattages en difficulté sont en cours de reprise par des groupes d’éleveurs.

C’est le cas par exemple de l’abattoir de Forges-les-Eaux, abandonné en 2011 par le groupe industriel Bigard, et qui, depuis, fait l’objet d’un projet de reprise par des éleveurs de Seine-Maritime.

Treize éleveurs sont engagés dans une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) destinée à remettre en route cet outil, propriété de la ville de Forges-les-Eaux, et qui intéresse potentiellement une centaine d’éleveurs. Ils devraient voir leur projet aboutir au 1er semestre 2018, après plus de 5 ans d’attente.

Devraient… car les embuches ne sont pas encore toutes contournées. La chaîne du froid n’est plus aux normes, et des travaux doivent être engagés, pour un coût de 1,5 millions d’euros.

Porc, mouton, bœuf… A terme, la structure, mise à disposition des éleveurs locaux, doit voir sortir 2 500 tonnes de viande chaque année. Un atelier de découpe sera aussi mis à disposition.

Avec un objectif : redonner de la flexibilité et de la liberté aux éleveurs de la région…

 

Les organisations  et personnalités signataires

 

Confédération paysanne, FNAB, FADEAR, Réseau CIVAM, Nature et Progrès, Union bretonne Pie noire, France Nature Environnement, AFAAD, Les Amis de la Confédération paysanne, GIE Zone Verte, MIRAMAP, Biocoop, Collectif Quand l'abattoir vient à la ferme, Collectif Plein air, SAS Le Boeuf éthique, Société Schwaiger (camion d'abattage mobile), SAS Le Ateliers de la Queille, Christophe Gouazé (directeur général de l'abattoir de St Girons, Ariège), Pierre-Emmanuel Robin (co-gérant de l'abattoir du Diois, Drôme), Bénédicte Peyrot (présidente de la SCIC Abattoir des Hautes Vallées à Guillestre, Hautes-Alpes).

 

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12 Décembre 2017 | Benoit Delabre

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