Devenir agriculteur : le parcours du combattant de Gaëtan Royer


© A. Nail
Il aura fallu plus de 3 ans à Gaëtan Royer pour parvenir à installer son élevage Bio à Bosc-Edeline, en Seine-Maritime. Les Poulets de Gaëtan : une vraie saga…

 

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Il lui aura fallu 3 ans.

3 années d’attente pour concrétiser un projet de reconversion professionnelle, c’est long. Mais Gaëtan Royer voit aujourd’hui le bout du tunnel. Après près de 20 années passées comme salarié et cadre dans un bureau d’étude, il est depuis quelques semaines maintenant éleveur de poulets de chair bio en Seine-Maritime.

Ses premiers poulets devraient quitter l’élevage début janvier. Un aboutissement, après des mois de galère.

Gaëtan a en effet entamé ce qu’il appelle lui-même, sourire aux lèvres, une sorte de retour à la terre, alors qu’il avait plus de 40 ans et aucune terre à exploiter. Deux inconvénients majeurs quand on veut devenir agriculteur, même après des études agricoles.

 

poulets de gaëtan bosc edelin royer bio
© G. Royer

 

A plus de 40 ans, il ne pouvait pas prétendre bénéficier des aides à l’installation, ni d’un critère de priorité dans les attributions de terre par la Safer. Dans un premier temps, Gaëtan Royer envisage donc de s’associer avec un agriculteur en place. Un éleveur de préférence…

« Mais en Seine-Maritime, des éleveurs, bio, recherchant un associé, il n'y en a pas des tas... » constate Gaëtan Royer.  De plus une première tentative auprès d’un éleveur du pays de Bray, lui laisse apparaître une envie d’indépendance de décision. De plus l’investissement dans les parts sociales représente un endettement de plusieurs centaines de milliers d'euros...

« C’est l’éternelle rengaine de l’agriculteur qui capitalise et est pauvre toute sa carrière, et qui ne touche les fruits de son travail que quand il vend sa ferme… Ce n’est pas un modèle qui me convient, ni à ma vie de famille… »

Gaëtan s’oriente alors vers un projet personnel, avec un investissement raisonnable : un élevage de poulets de chair en agriculture biologique.

Mais restait la question des terres. « J’avais besoin de 2 à 3 ha seulement… » Seulement, mais cela semblait encore trop. Durant de longs mois, Gaëtan cherche les terres qui lui sont nécessaires, comptant aussi sur la centrale d'achat Terre de Liens. Il postule à plusieurs cessions de la Safer mais accumule les déceptions.

Jusqu’à ce que son tour arrive enfin.

 

 

 

 

La Safer lui attribue une parcelle de 3 ha de prairies, qu'il pourra exploiter. « Le problème, explique Gaëtan Royer, c’est que sur ces terres figurait une maison d’habitation avec un locataire. Et elles ne disposaient pas de chemin d’accès depuis la route. »

L’investissement est donc autrement plus conséquent  que ce qui était prévu initialement. « Dans mes plans initiaux, je devais pouvoir vendre mes premiers poulets au terme de mes droits au chômage. Avec les retards pris, je suis sans revenus depuis 6 mois, avec en parallèle des investissements. »

Finalement Gaëtan se lance. Il bénéficie du soutien du réseau des producteurs bios du secteur ainsi que de la Chambre d'Agriculture pour le permis de construire. Et après de longues semaines pour réaliser le chemin, faire venir l’électricité, monter les bâtiments… les premiers poussins arrivent enfin !

 


© G. Royer

 

Il dispose de 3 bâtiments de 60 m² avec les parcours attenants, comme prévu par le cahier des  charges Bio. Chaque bâtiment accueille durant 3 mois, un lot de 350 à 500 poulets qui profitent de l'herbe riche et grasse de Bosc-Edeline, en voisinage d'une petite troupe de moutons.

Reste à trouver les solutions pour abattre les volailles. Le cahier des charges de l’Agriculture biologique prévoit en effet que les volailles soient abattues dans un abattoir certifié Bio. Pas si facile à trouver à des tarifs compétitifs. Surtout pour un petit nombre de volailles. Une partie des animaux pourraient ainsi être abattue à Gacé, dans l’Orne, et une autre partie dans l’Oise.

Ensuite, pour la commercialisation, Gaëtan Royer compte sur les circuits courts, mais en cherchant à grouper les livraisons, afin de maintenir une marge sans faire flamber les prix. Le prix des volailles bio est en effet déjà considérablement plombé par les charges d’alimentation des animaux. Un élément encore plus important sur un petit atelier, comme celui de Gaëtan Royer.

Outre un débouché avec le groupement de producteurs Unébio, il mise donc principalement sur les Amap en distribution concertée avec d’autres producteurs, et sur les comités d’entreprise. Une cible qui lui paraît d’autant plus accessible que son passé professionnel dans le milieu de l’industrie lui ouvre évidemment des opportunités.

La fin de la saga reste encore à écrire.

 

Les poulets de Gaëtan

 

Route de Rouvray – 76750 Bosc-Édeline - 06 62 62 77 30

 

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14 Décembre 2017 | Benoit Delabre

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