Démocratie : le monde agricole choisit ses représentants


2,5 millions de personnes sont appelées à participer aux élections des chambres d'Agriculture. Un vote qui a son importance.

 

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Au-delà du Grand Débat national lancé hier dans l’Eure, se déroule actuellement et jusqu’au 31 janvier un moment d’expression démocratique : les élections professionnelles aux chambres d’Agriculture.

Un moment régit par l’Etat et le code rural, et qui a son importance…

 

Un moment de démocratie et de représentatitivité

 

En effet, les Chambres d'Agriculture tirent leur légitimité de ces élections organisées sous l'égide de l'Etat. Elles assoient leur rôle de représentation auprès des pouvoirs publics sur toutes les questions relatives à l'intérêt général agricole et leur action de conseil auprès des agriculteurs et des collectivités.

L’enjeu premier de ces élections est donc bien le taux de participation, qui donnera le niveau de crédibilité des élus des chambres consulaires, comme représentants du monde agricole. Lors du dernier scrutin de 2013 cette participation était de 54,35 % dans le collège des chefs d’exploitation.

Voilà pour les bases démocratiques… Sur le plan politique, ces élections sont aussi un moment primordial pour les syndicats agricoles.

Remporter ces élections est en effet le gage pour les syndicats de porter leur vision de l’intérêt général agricole. D’abord vis-à-vis des pouvoirs publics, mais aussi, par la mise en œuvre d’actions spécifiques : expérimentation, formation…

 

La majorité syndicale comme enjeu

 

Aussi, comme tous les 6 ans, ce sera haro sur la FNSEA. Largement gagnante des suffrages depuis la seconde guerre mondiale, la grande centrale syndicale fait figure du champion que les challengers rêvent de faire tomber.

« Voter, c’est faire le choix de l’orientation des politiques agricoles de demain » affirme ainsi la Confédération paysanne, qui défend dans son programme une agriculture paysanne, à l’opposé de l’agriculture industrielle. Une agriculture qui sortirait de la mondialisation et respectueuse des hommes et de l'environnement.

 

« Pour nous, l’enjeu de ces élections c’est de faire passer la FNSEA sous la barre des 50 % des suffrages, pour qu’elle ne soit plus la seule à être écoutée », clame quant à lui Bernard Lannes, le président de la Coordination rurale. Ce syndicat estime notamment que la FNSEA travaille plus aux intérêts de l'industrie qu'à ceux de l'agriculture.

 

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs favoris

 

Bien qu’affaiblie par les crises agricoles qui se sont succédées depuis 2017 (lait, céréales, viande), la FNSEA (flanquée de son alter ego des Jeunes agriculteurs) dispose toutefois d’un matelas confortable. Et, dans son programme elle défend sa vision de l'agriculture :

"Une agriculture qui nourrit la population et qui est une force pour notre économie, nos emplois et notre balance commerciale ; une agriculture colonne vertébrale de nos territoires (...) qui fait rayonner la France à l’étranger"

Lors du dernier scrutin en 2013, ses listes avaient remporté 55,61 % des voix dans le collège le plus pourvoyeurs en sièges : celui des « exploitants agricoles ». En 2007, elles avaient obtenu 57,31 % des voix. Ce léger glissement avait alors bénéficié essentiellement à la Coordination rurale qui était alors devenue le deuxième syndicat agricole, devant la Confédération paysanne.

Dans ces conditions, la prise d’une chambre d’Agriculture par un syndicat autre que la FNSEA relève d’une vraie gageur. En 2013, la chambre d’Agriculture de Charente est ainsi acquise par la Coordination rurale ; celle du Puy-de-Dôme par une alliance Coordination rurale / Confédération paysanne. La Coordination rurale avait aussi conservé ses deux fiefs du Calvados et du Lot-et-Garonne. La Confédération paysanne celui de la Réunion.

 

2,5 millions d'électeurs

 

Les membres des chambres d’Agriculture sont élus au suffrage universel pour six ans. Plus de 2,5 millions de personnes peuvent participer aux élections des Chambres d’agriculture.

Pour être inscrit sur la liste électorale, il faut être âgé de 18 ans, jouir de ses droits civiques et politiques, être de nationalité française ou ressortissant de l’Union européenne, mais surtout remplir les conditions propres à chaque collège telles que définies dans le Code rural et de la Pêche Maritime.

La campagne électorale pour l’élection des membres des Chambres départementales d’agriculture se déroulera du 7 janvier au 30 janvier 2019, la date de clôture du scrutin est fixée au 31 janvier 2019.

Le vote s’effectuera par voie électronique, ou par correspondance. L’ensemble des membres des dix collèges électoraux sera renouvelé. Dans les Chambres départementales le nombre d’élus passera de 44 à 33 (hors CRPF) avec maintien des équilibres entre collèges.

 

 

 

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16 Janvier 2019 | Benoit Delabre

Commentaires

Photo: 

Et du côté des salariés, qui représentent 6 sièges, quand même, qu'en est-il ? Une partie de ces sièges sera occupée par des conjoint-es d'agriculteurs-trices salariés d'exploitation (c'est le jeu), mais pas seulement.

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