Les artisans et indépendants normands participent au grand débat national


Prise de parole de la représentante des commerçants non sédentaires - Photo : B.Thiollent
L'Union des entreprises de proximité a donné la parole ses adhérents à Caen le 21 janvier

 

Pas encore membre ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !

 

 

 

Le débat, c'est maintenant !

Une trentaine d'artisans, commerçants et travailleurs indépendants ont répondu le 21 janvier à Caen à l'invitation de l'Union des Entreprises de Proximité pour participer au grand débat national proposé par Emmanuel Macron.

Loin du tumulte des blocages de rond points et des manifestations du samedi initiées par les gilets jaunes, cette rencontre a vu une expression très apaisée de diverses attentes très centrées sur des considérations professionnelles.

Au menu de la rencontre, économie, sécurité sociale, emploi, formation, fiscalité, transition écologique et réforme des institutions.

L'U2P est un corps intermédiaire, malmené comme les autres depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Ses adhérents ont souhaité profiter de l'opportunité que la synthèse de leurs paroles soit remontée à l'Elysée. Ainsi, point de demande de démission du président de la République ou de débat sur l'intérêt du Référendum d'Initiative Populaire lors de cette concertation à Caen.

Christophe Doré, président de l'U2P Normandie, a annoncé en préambule la couleur de la soirée  : "J'ai envie que cette parole soit libre, la vôtre. Ce qu'on ressent, ce qu'on vit au quotidien. Vis à vis des gilets jaunes, certains de nos collègues sont allés dans les rond-points. A contrario, nous avons aussi des foulards rouges, ceux en ont marre du mouvement des gilets jaunes. Je dis en Préfecture, attention que l'un et l'autre ne viennent à s'opposer."

 

Christophe Doré, président de l'U2P.

 

 

A l'origine... le gazole

Comme un rappel à l'origine du mouvement des gilets jaunes, la rencontre de deux heures à vu la transition écologique faire office de fil rouge. Alors, écolos les artisans ? A les écouter, ils pensent tous à leurs enfants. Mais face à l'injonction gouvernementale de changer de comportement à travers la taxation du gazole qui a mis le feu aux poudres en novembre, les professionnels brandissent unanimement l'absence de solutions de remplacement.

Les véhicules utilitaires roulent au diesel, c'est bien connu. A écouter les professionnels présents, le gouvernement semble avoir pris de vitesse les constructeurs automobiles sur le sujet. Et quand bien même quelques véhicules électriques seraient d'ores et déjà à disposition pour un usage professionnel, le prix d'achat et les caractéristiques des véhicules les rendent inaccessibles. Avec en plus une défiance sur la tendance du tout électrique :  "On parle de batteries et moteurs électriques. Est ce que le lithium va être moins polluant que le pétrole ? On se fout de nous... Qu'est ce qu'on va faire des batteries quand elles seront mortes ?"

 

Pour une consommation locale

"La période tendue du samedi après midi impacte l'activité des centre villes de Rouen, Caen et le Havre. Cette concertation nous permet de faire remonter un certain nombre d'éléments. Ce mouvement social arrive après une période économique compliquée pour l'artisanat. ", contextualise Christophe Doré.

Dans la salle, le sujet est sensible. Les manifestations des gilets jaunes ont été un choc dès novembre pour nombre de commerçants, avec des conséquences notables sur le chiffre d'affaires. Le mois de décembre a vu sur les réseaux sociaux l'apparition d'appels à acheter local pour les cadeaux de Noël.  Une tendance que certains appellent à enraciner : "On est victime depuis très longtemps des lobbys industriels et des grandes surfaces. Coluche disait qu'il suffirait qu'on aille pas dans les grandes surfaces pour que ça ne marche pas. Il faut qu'on mange et qu'on consomme local."

 

 

 

L'emploi et la formation

Parmi les demandes des artisans, le sujet de l'apprentissage revient souvent.

Pour Daniel Lechapelain de l'U2P de la Manche, l'Etat doit faire bouger les lignes en matière de formation et d'apprentissage. Lequel surprend déjà, en faisant appel aux migrants pour satisfaire les secteurs en manque de main d'oeuvre : "Les employeurs du bâtiment ont bien du mal à trouver de la main d'oeuvre qualifiée et qualifiable. Le gouvernement à sollicité les Département à faire des appels à projets pour la formation des migrants, de façon à les intégrer sur nos territoires. Il faut s'adapter, pour les former aussi à la la langue française."

 

Vers un revenu universel ?

Le sujet de la relance de l'économie de proximité fait rapidement évoquer aux participants une nécessaire baisse de charges.

Un avis pourtant tempéré par Guillaume Dartois, coiffeur : "la baisse des charges, cela ne peut pas se faire. Aujourd'hui, la solution serait peut-être de faire un revenu universel pour tout le monde. L'idée de Benoit Hamon a été mal interprétée. Quand on voit se que coûte le social... mais attention, au delà d'un revenu universel, il n'y aurait aucune aide supplémentaire derrière"

 

 

 

Manque de représentativité

Reste qu'au delà du plaisir de s'exprimer, les artisans font un constat d'impuissance au moment de peser dans les choix gouvernementaux.

"On n'écoute pas assez l'artisanat, et trop le Medef", lâche lapidaire un participant à la concertation. Conscients d'avoir la richesse du nombre, les artisans n'en demeurent pas moins éparpillés sur le territoire et forts occupés par leur métier : "L'emploi est chez nous, les très petites entreprises. Avec souvent 1 ou 2 collaborateurs."  

 

L'inquiétude pour conclusion

"Même si ce pays a besoin de réformes, Emmanuel Macron n'a pas été dans la logique de la concertation de la base. Il nous a ignorés et ne nous a pas entendus. Il est en train d'en prendre conscience. Mais l'inquiétude demeure, des trésoreries sont à sec. Attention au printemps, les tribunaux de commerces pourraient être très sollicités", conclue Christophe Doré à l'issue de la concertation.

Au delà du mouvement social des gilets jaunes, reste une interrogation sur l'avenir à propos de la puissance du numérique dans l'économie. Attentifs aux prises de positions récentes du Gouvernement vis à vis des GAFAM, les artisans et commerçants attendent une véritable taxation de ceux-ci pour établir une plus saine concurrence. Non sans être conscients qu'il leur faut eux même prendre définitivement le virage du numérique.

Toutes nos actualités en 1 clic

 

 

Soutenez Agri-Culture.fr, média rural indépendant :

 

Merci de partager cet article sur vos réseaux sociaux préférés !

Suivez nos infos grâce à la Newsletter. Pour vos ventes et événements, pensez aux Petites Annonces.

 

Emplacement

France
FR
23 Janvier 2019 | Benoît Thiollent

Inscrivez-vous pour écrire des commentaires.



Prolonger la lecture

La monnaie locale RolloN va conquérir la Normandie en 2019
La monnaie locale RolloN va conquérir la Normandie en 2019
Lancé en juin à Saint-Lô, le Rollon est désormais présent à Caen....
13 Décembre 2018 | Benoît Thiollent
Dans la Manche, des animations pour decouvrir Le RolloN
Présentation de la monnaie locale normande et animations à Saint-Lô...
13 Novembre 2018 | Benoît Thiollent
Fête de la Saint-Eloi : marché de Noël au Haras
Fete de la Saint-Eloi : marche de Noel au Haras
Les 1er et 2 décembre, le Pôle Hippique de Saint-Lô organise la "Fête...
12 Novembre 2018 | Benoit Delabre
Un 1er salon Made in France au Vaudreuil (27)
Le 10 et le 11 novembre au Pavillon des Aulnes.
07 Novembre 2018 | Benoît Thiollent
string(95) "Les artisans et indépendants normands participent au grand débat national"
string(75) "Les artisans et indépendants normands participent au grand débat national"