Des artisans au secours d’une famille de Flancourt-Catelon


La famille Confais entourée d'une partie des artisans volontaires pour les aider.
Les membres du Groupement des Indépendants de Normandie vont travailler bénévolement pour offrir un habitat temporaire à la famille Confais.

 

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Une famille de Flancourt-Catelon, à proximité de Bourg-Achard a lancé un appel aux dons suite à l’arrêt du chantier de construction de leur maison. Ce qui devait être une belle page de l’histoire familiale a tourné au cauchemar avec l’arrêt du chantier et la liquidation simultanée des entreprises du maître d’oeuvre mandaté et du maçon.

Frédéric et Magali Confais ont trois enfants. Dont Erwan, 18 ans, atteint par le syndrome de Prader Willy, maladie génétique génératrice de handicap.

Débutée en mai 2015, la construction de leur maison est stoppée depuis août 2015, malgré des avances versées. Pire, une expertise a révélé des malfaçons dans le début de construction.  Au point d’indiquer la destruction comme solution avant une reconstruction.

Depuis, ils paient le loyer d’un logement en location situé à Bourg-Achard et a ont vu filer leurs économies à cause de la procédure judiciaire en cours. Laquelle est menée sans l’aide juridique dont ils croyaient bénéficier avec leur prêt bancaire contracté auprès de l’agence LCL de Bourg-Achard.

 

Les "artisans du coeur" en visite de chantier le 10 novembre à Flancourt-Catelon.

 

Le cri du coeur d’un artisan

Christophe Larchevèque est électricien à Rougemontiers (27). Emu à la lecture d’un article de l’Eveil de Pont-Audemer décrivant la détresse de Frédéric et Magali Confais, il est allé à leur rencontre. Christophe Larchevèque a vite cerné la famille Confais. Fatigué moralement par ces deux années de bataille juridique et de vie quotidienne rude, le couple conserve néanmoins une combativité qui a forcé son respect.

Devant un épuisement également financier, il leur a proposé de l’aide. Notamment en lançant un appel à la solidarité.  Il a leur a ouvert son carnet d’adresses et a créé fin octobre sur les réseaux sociaux le Collectif Artisans du Cœur.

 

Le GIN en renfort

Depuis, la mobilisation des artisans s’organise. Avec l’arrivée massive auprès de la famille des membres du Groupement des Indépendants de Normandie. Le GIN est membre de la communauté d'Agri-Culture. fr. Nous avions décrit les ambitions de cette association basée en Seine-Maritime au printemps dernier à l'occasion du 1er Salon du savoir-faire local organisé à Lilebonne.

Le 1er Salon du savoir-faire local de Lilebonne.

 

Vivier de compétences, l’association a rapidement mobilisé ses adhérents. Une visite du chantier inachevé a été organisée le 10 novembre, alors même que certains artisans ont déjà commencé à faire don de leur temps à la famille Confais.

 

La voix cassée par l’émotion, Frédéric Confais accueille le groupe d'artisans chez lui. - Photo : Benoît Thiollent

 

On a pu observer sur place des artisans littéralement héberlués à l’écoute de l’ampleur des problèmes présentés par Frédéric Confais : "On attend le rapport définitif de l’expert pour fin novembre. La maison est décalée de 7 mètres sur le terrain par rapport au permis de construire. Elle fait aujourd’hui 114 m2 alors qu’elle était prévue sur plans pour 150 m2. Et dans ce qui a été érigé, il y a plein de malfaçons".

Sous une pluie fine, les artisans comprennent vite que des règles de l’art pourtant basiques n’ont pas été respectées. Cyril Malandain, président du GIN laisse éclater sa colère : "On est au delà d’un problème d’incompétence. Le travail a été volontairement saboté."  Il nous précise son état d’esprit : "On porte un intérêt au cas de la famille Confais car on a créé l’association pour mettre en avant l’artisanat. Et là on a des artisans véreux, c’est pour nous tout simplement insupportable."

 

La maison inachevée depuis deux ans - Photo : Benoît Thiollent

 

Ceux qui ont fait ça savaient manifestement qu’ils ne finiraient pas le chantier. Le but étant de toucher des acomptes de la part du couple Confais avant de disparaître dans la nature. Madame Confais nous déclare : "le maître d’œuvre a depuis changé plusieurs fois d’adresse".

Questionnée par un artisan du GIN sur sa situation professionnelle personnelle, Magali Confais met KO debout le groupe d’hommes qui lui fait face : "J’ai laissé mon travail il y a 2 ans pour garder mon enfant handicapé, car on n’a pas de structure pour l’accueillir." Technicien dépannage en électroménager chez Darty, Frédéric Confais consacre ses temps de repos de salarié à un projet de la dernière chance. Il a entamé la transformation du garage situé à côté de la maison dans le but de vivre temporairement dedans. Le temps de voir aboutir la procédure d’indemnisation entamée auprès de la banque émettrice du prêt pour la construction de la maison initiale.

Christophe Larchevèque confirme : "Nous, on touche à rien sur cette maison. Notre priorité est de finir le garage prévu pour le transformer en habitation temporaire. On a entamé un décaissement. La couverture va suivre. Et la météo de la semaine prochaine laisse espérer de pouvoir couler la dalle. Et on a désormais l'appui précieux de Jonathan Gosselin, architecte. Il nous réalise les plans d'exécution et gère la partie administrative et juridique."

 

Les artisans à l'oeuvre bénévolement sur leur temps libre.

 

Et pour Frédéric Confais pas question de les regarder les mains dans les poches. Poursuivant le travail qu’il a entamé, il se retrouve au cœur d’une équipe inespérée. Son épouse nous confie : "On n’y croyait plus. On a là un espoir de sortir de cette situation. Ce que j’ai vu aujourd’hui, c’est génial. Il faut faire travailler les artisans qui le méritent."

Sa banque était initialement frileuse de lui accorder un nouveau prêt en pleine procédure. Elle vient d’accepter le principe d'un prêt de 10 000 euros pour financer les travaux du garage. Chaque euro va compter. L'appel à la générosité est lancé.

 

Les "dream team" des volontaires pour aider au chantier, de toutes spécialités et compétences personnelles :

Julien Harel, plombier
Thomas Baziret, couvreur
Jonathan Gosselin, architecte
Benoît Grèverend, cycles
Sailor Jerry
David Duparc, assainissement
Jean-Christophe Martin, rénovation
Cyril Malandain, électricité
Anthony Delaunay, électricité
Stéphane Coquatrix, chauffage climatisation
Yoann Lavernhe
Emilien Renard, multi-services
Cyrille Pasquier, vidéo animation
Julien Renault, opticien
Jeremy Le Brun, plomberie
Jean-Philippe Lavenu
Yann Castanier, revêtement de sols

 

 

 

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Emplacement

76170
France
49° 30' 23.5404" N, 0° 30' 18.7416" E
FR
11 Novembre 2017 | Benoît Thiollent

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