Mesquineries et guerre des nerfs à la Ferme des Bouillons

Il paraît écrit que l’on parlera encore quelques temps de la ferme des Bouillons. Pourtant cette fois ça y est. La SCI In Memoriam a pris possession des lieux. Pas tout à fait officiellement, puisque la vente n’est pas finalisée.

Mais dans la pratique c’est fait, et cette fois c’est certain, il n’y aura pas de préemption par la Safer. Le délai légal de préemption est en effet dépassé.

Point final ? Ce serait trop facile. Après avoir occupé illégalement les lieux, le collectif citoyen (qui réfute désormais l’appellation de zadistes) en appelle à la loi…

D’abord, il y a l’éventualité d’un recours au tribunal administratif : le collectif estime en effet que la Safer n’aurait pas joué son rôle au regard de la loi, lors de la vente de la ferme par la Société Immochan. Jusqu’ici, cela paraît la poursuite logique des évènements de l’été et de l’engagement du collectif.

Et puis, il y a les affaires des ex-occupants qui sont toujours sur le site : des livres, des jeux pour enfants, mais aussi les légumes et surtout la serre maraîchère.
Et là, on entre dans ce qui ressemble à une mauvaise farce.

Si tous les protagonistes ont, à un moment donné, assuré vouloir sortir de ce conflit par le haut, aujourd’hui on en est plutôt au stade des mesquineries.

En témoigne l’épisode de ce jeudi 3 septembre en début d’après-midi à Mont-Saint-Aignan. Les ex-occupants étaient ainsi conviés à venir récupérer leurs affaires et matériel, sous contrôle d’huissier, et sous le regard bienveillant des nouveaux occupants des lieux et de la maréchaussée…

« Pas question d’entrée tant qu’on ne nous aura pas remis une ordonnance d’expulsion » insistent les membres du collectif. Une nécessité, selon eux, pour arrêter un contrat de travail, les contrats de livraison d’eau et d’électricité, et pour défendre l’un des leurs, poursuivi suite à l’opération d’évacuation du 19 août.

« Hors de question de vous remettre cette ordonnance », aurait répondu l’huissier de justice, qui dit en avoir déjà remis un exemplaire aux citoyens - ex-zadistes - ex-occupants… Tout en les encourageant à venir vite, vite, vite, récupérer leurs affaires… sous les encouragements des CRS.

Discussions et négociations n’y changeront rien : chacun reste sur ses positions. Même l’intervention de Jean-Marc Magda, le directeur de cabinet du préfet n’y changera rien, créant au contraire tensions et éclats de voix. Alors même que les CRS sortaient casques et boucliers.

Résultat : à 16 h les affaires des anciens occupants étaient toujours sur place... les cars de CRS aussi. Rendez-vous chez les avocats.

03 Septembre 2015 | Benoit Delabre

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