Retour sur les Fêtes Normandes : les vikings, des commerçants avant tout !

Hippodrome de Navarre, Fêtes Normandes, dimanche matin, 10 h 45, nous sommes à peine dix dans le petit coin réservé aux conférences, dans le chapiteau abritant « L’épopée Viking ». Nous attendons que débute la conférence sur le thème « Les Vikings commerçants et marchands ». Le programme n’annonce même pas le nom de l’intervenant et tout d’un coup le doute me prend… Que suis-je venue faire ici un dimanche matin pluvieux ? Mais par loyauté envers ma centaine de lecteurs, je décide de rester. Bien m’en a pris, j’ai passé un moment passionnant. L’intervenant arrive rapidement, et il a une façon ludique de parler des vikings. Eric est normand, une trentaine d’années, impliqué dans plusieurs associations visant à faire découvrir la culture scandinave à l’époque des vikings, il est notamment président de l’association « Sur la Route de Byzance ». Ses connaissances sur le sujet sont étendues et il sait faire partager sa passion.

Erik Ödelinson

Pour nous parler des talents de navigateurs et de commerçants des Vikings, Eric a choisi de rentrer dans la peau d’Erik Ödelinson, personnage fictif, et de nous raconter sa vie de commerçant entre la fin du neuvième siècle et le début du dixième siècle.
Mais avant de dérouler ce récit, commençons par une précision d’importance. Les vikings ne forment pas un peuple à part entière. Ils représentent environ 5 à 7 % des populations scandinaves. Ce sont des marchands qui utilisent des techniques de pillage et de piraterie dans le but d’acquérir des richesses. Ils sont souvent motivés par une mauvaise récolte, un besoin pressant d’argent. L’âge d’or des Vikings s’étend de 750 à 1050.

« Nous avons l’image de hordes de guerriers sanguinaires détruisant tout sur leur passage mais c’est n’est pas la réalité, souligne Eric. Les témoignages de l’époque dont nous disposons ont été rédigés par des moines, parfois des années après que les faits se soient déroulés. Et les moines avaient un peu les mêmes travers que les journalistes d’aujourd’hui, en exagérant les choses (ndlr : et toc, prends toi ça dans les dents Laetitia ;o)… mais vous noterez tout de même que je rapporte les propos tels quels). Les vikings n’usaient de la force que quand ils ne pouvaient acquérir autrement des richesses convoitées et s’arrangeaient pour attaquer, en petits groupes, par surprise, par exemple pendant la messe. Ils évitaient les batailles rangées et lorsqu’ils y étaient contraints, ils étaient battus à chaque fois. »


Si les Vikings utilisaient la force en cas de besoin lors d'attaques surprises, ils évitaient les grandes batailles qu'ils perdaient le plus souvent.

Ces précisions faites, laissons la parole à Erik Ödelinson.
« Je suis né en 882, sur une île du lac Mälar, proche de Birka ». Birka est l’une des premières villes de Suède, active entre 750 et 950. Elle se trouvait sur l’île de Björkö, à trente kilomètre à l’ouest de Stockholm. A l’époque, le lac Mälar est une baie de la mer Baltique, le niveau de la mer étant plus haut. « La région a un fort attrait commercial et l’île de Birka, à la croisée de plusieurs routes maritime, accueille jusqu’à une population de 900 personnes, ce qui est considérable ! »

Le commerce de l’ambre

« Je vis dans une famille plutôt aisée de commerçants. Nous possédons quelques esclaves, des terres, du bétail. Nous tirons nos revenus du commerce de l’ambre, très présent au bord de la mer baltique, bordée de forêt de conifères. » A cette époque l’ambre est utilisé pour fabriquer des bijoux mais il a aussi son utilité dans la pharmacopée. « En 898, j’ai 17 ans. J’ai appris les rudiments du commerce et mes parents me donnent un petit stock d’ambre pour que je m’essaie au commerce par moi-même. C’est une pratique courante de donner l’occasion à quelqu’un de créer des richesses par lui-même. Je décide de traverser la Mer Baltique en direction de ce que vous appelez la Pologne. Là-bas, les choses fonctionnent bien pour moi et je fais de beaux bénéfices que j’utilise pour acheter des produits rares : des bijoux, de la verrerie. C’est là que j’entends parler de Miklagärd, « La Grande Ville » dans notre langue, ou Byzance ».

« On me fait le récit d’un voyage périlleux, de plusieurs fleuves à traverser, de territoires dont les peuples sont hostiles. Les marchands qui en reviennent sont riches, notamment grâce au commerce de la soie. Moi aussi je veux tenter l’aventure, entreprendre ce long voyage, me lancer vers l’inconnu et voir de mes yeux Miklagärd ! »
Rentré à Birka, Erik réunit plusieurs amis. Ensemble, ils constituent un felag. Un felag est une sorte de communauté de biens. Chacun finance l’expédition commerciale et sera rétribué, au retour, à hauteur de son apport.
Vers Byzance !

Dans les cales du drakkar, des noix, des noisettes...

« Nous attendons le printemps pour partir. Dans les cales, du miel, des noix, des noisettes, des fourrures. »( ...)

La suite des aventures d'Erik, des liens vers d'autres sites sur https://esperance27lemag.blog4ever.com/les-vikings-des-commercants-avant-tout

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Laetitia Brémont

10 Octobre 2018 | Laetitia Espérance

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