UNE COLERE NOIRE ET HUILEUSE !

Beaubec Productions a évidemment participé à la manifestation organisée par de multiples structures (syndicats, associations, simples citoyens, enseignants...) hier à ROUEN, qui protestait contre la manière dont la pollution Lubrizol est actuellement traitée.

Tant de points alimentent notre colère ! D'abord, qu'une telle catastrophe ait pu avoir lieu, malgré tout ce qu'on nous dit sur la sécurité industrielle qui règnerait en France. Cela ne fait que renforcer nos craintes : si Lubrizol a bel et bien eu lieu, pourquoi croire en l'invulnérabilité des centrales nucléaires de Paluel, de Penly ? Quand on voit les dégâts causés par les produits chimiques trimballés dans un panache de vent et de fumée, on ne peut que frémir en pensant à ce qu'un nuage radioactif serait capable de disséminer en pays de Bray...

Ensuite, le traitement de cette catastrophe par les autorités est renversant. IL  semble issu d'une posture qui se voudrait rassurante, efficace, mais qui pèche par tant et tant d'absurdités qu'en lieu et place d'un sentiment de sécurité et de compétence, c'est au contraire le doute et la défiance qui sont au rendez-vous.

Un exemple concret : la Préfecture de Seine-Maritime, dans le louable effort d'appliquer le "principe de précaution",  a pris un arrêté d'interdiction de commercialisation de tous les produits agricoles, pour 112 communes potentiellement affectées : autant vous dire que, dans le pays de Bray, nous sommes tous concernés, agriculteurs et autres. Mais cet arrêté mentionne aussi le miel : et là, c'est absurde. Le miel commercialisé aujourd'hui a été récolté au plus tard la mi-août... Et si risque il y a, c'est bien pour la récolte du printemps prochain qu'il faudra surveiller les colonies : il n'y aucune raison d'interdire la commercialisation du miel 2019 !!! Nos amis apiculteurs du Syndicat Apicole de Haute-Normandie étaient eux aussi avec nous dans les rues de Rouyen, car cet exemple de méconnaissance du terrain révèle bien la médiocrité avec laquelle le gouvernement fait face à l'inquiétude générale... et légitime !

 

Partout, que ce soit pour la santé  des pompiers, des agents qui sont intervenus sur le site en feu,  pour les  habitants de Rouen  ou du pays de Bray, voire d'ailleurs, partout on attend, depuis près d'une semaine désormais : on attend le résultat des analyses qui pourrait lever les interdits de l'arrêté préfectoral et permettre de commencer à traiter, au cas par cas, les éventuels problèmes. Cette attente est our tout dire  insupportable : la survie économique de tant de foyers en dépendent ! Et nous obtenons si peu d'informations ! Comment croire la communication officielle, qui balance entre minimiser l'évènement et  prise de précautions draconniennes ? Et  quand aucune réelle information des citoyens (par exemple via les Maires des Communes concernées par l'arrêté préfectoral, dont on aurait pu attendre qu'ils soient chargés de la communication à ce sujet avec leurs administrés..;) n'est donnée, sous des motifs divers et kafkaïens, allant des "mesures antiterroristes" qui auraient empeché  de révéler les substances en cause  à l'aveu de l'ignorance qui règne, quand au résultat du mélange de ces substances lors de la combustion, comment croire, donc,  que nous sommes bien sortis d'affaire ?

Le moindre serait de confier les analyses à des laboratoires indépendants de ce gouvernement qui semble toujours confondre l'intérêt de son personnel politique et l'intérêt général, au point d'engendrer la méfiance et le doute...

Non, nous n'en avons pas fini avec Lubrizol, même si on a tenté de rouvrir les écoles, là encore, avec une certaine "légèreté" semble-t-il. En tout, cas, pas dans le pays de Bray ! Ici,  presque tout un chacun   possède au moins son bout de jardin, son potager,  même s'il n'est pas agriculteur. En cas d'analyses prouvant le risque de pollution (si tant est que les analyses soient fiables), et  puisque les sols ont été affectés de manière différente suivant les zones, d'un périmètre de quelques mètres à l'autre , qui paiera les analyses de ceux qui n'émargeront pas au processus d'indemnisation mis en place pour les professionnels de l'agriculture, sachant que les assurances individuelles ne prennent pas en charge les frais d'analyses de laboratoire ?

Est-ce à la société dans son entier de payer les dégâts causés par l'activité d'une entreprise privée, ne fonctionnant que pour créer la plus-value du profit ?

Mais bien entendu, au-delà de toutes ces questions, une certitude demeure : c'est qu'on ne pourra jamais indemniser la Nature. Et que c'est elle, encore une fois, qui paie la folie des hommes.

 

02 Octobre 2019 | Beaubec Productions

Du même auteur...

Beaubec Productions a évidemment participé à la...
02 Octobre 2019 | 0
Chic ! Notre film vient d'être à nouveau sélectionné...
01 Août 2019 | 0
L'équipe de Beaubec Productions  avait envoyé un...
27 Juin 2019 | 0
Quand tous les éléments sont réunis, les soirées-débats...
19 Juin 2019 | 0
string(30) "UNE COLERE NOIRE ET HUILEUSE !"
string(30) "UNE COLERE NOIRE ET HUILEUSE !"