Une femme effacée (le mois du film documentaire dans l'Eure)

Cela se passait à la médiathèque de Saint-Sébatien-de-Morsent (Eure), samedi dernier, dans le cadre du mois du film documentaire. C’était la projection du doc « Une femme effacée » en présence de la réalisatrice Sylvia Guillet. Une pépite de 48 minutes emplie de poésie, de rêve et d’interrogations sur la condition féminine, les liens familiaux, l’histoire…

« Une femme effacée » conte une histoire vraie dont les deux personnages principaux ne se rencontreront jamais. D’abord, il y a une femme anonyme, dont le visage a été effacé sur une vieille photo achetée par Sylvia Guillet dans une brocante. Sylvia est fascinée par les photos anciennes et en possède une collection. Pendant deux ans, la photo de deux adolescents perchés sur leur bicyclette et encadrant un jeune garçon trône dans l’appartement de la réalisatrice sans qu’elle ne remarque rien. Et puis le cadre tombe, le verre se brise.

En sortant la photo et en l’observant mieux, Sylvia remarque un robe a moitié effacée, une main, mais pas de visage, entre deux des garçons. La photo a été retouchée, coloriée pour faire disparaître cette femme. Ce mystère intrigue Sylvia qui décide d’enquêter pour l’identifier, savoir qui a voulu l’effacer et pourquoi.

« A l’époque où cette histoire arrive, je suis enceinte. Si cela avait été un homme, aurais-je été si intriguée ? Je ne sais pas. Je crois que je me suis fortement identifiée à cette femme d’une certaine façon. »

Pour toute indice, Sylvia ne dispose que d’un nom de famille au dos de la photo et le nom d’une rue.  il faudra plus de deux ans pour percer le mystère.

La bande-annonce ici

Un détective privé

Des rencontres avec une costumière, des spécialistes des photos anciennes donneront quelques indications sur l’époque à laquelle la photo a été prise et développée, probablement à la fin de la seconde guerre mondiale. La photo a été agrandie et c’est à cette occasion qu’on  demandé au photographe de faire disparaître la femme.
Les recherches de Sylvia n’aboutissent pas. Mais elle est tellement obsédée par cette énigme qu’elle décide de faire appel à un détective privé.

Sylvia échafaude toutes sortes d’hypothèses sur la vie de cette femme effacée. Etait-ce une soeur tombée amoureuse d’un soldat allemand pendant l’occupation ? Ou une orpheline, élevée par un oncle, et contrainte de devenir modèle nue pour survivre ?  Sylvia joue avec son imagination, utilise de façon poétique des photos d’époque pour évoquer le poids des normes qui pesaient sur les femmes durant cette période.

Mères cachées

Durant ses recherches, Sylvia découvre d'étranges portraits anciens. Ceux d’enfants sur lesquels les mères sont présentes mais camouflées, de façon parfois très grossière. Le temps de pause, long à l’époque, rend la présence des mères indispensable pour que l’enfant reste immobile. Mais pas question de voir figurer le visage maternel sur la photo ! Qu’à cela ne tienne, il suffit de jeter une couverture sur la femme indésirable !

(...)

L. Brémont

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13 Novembre 2018 | Laetitia Espérance

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