Imajeu, dans les coulisses de la création photographique


Photo : Eric PELTIER - Longtemps avant nous
Exposition Le végétal dans tous ses états, à Maromme du 11 septembre au 3 octobre 2021.

 

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40 ans que ça dure !

Les membres de l'association photographique Imajeu proposent l'exposition annuelle de leurs photographies. Du 11 septembre au 3 octobre 2021 à Maromme à l'Académie-Le Shed.

Agri-Culture.fr vous fait visiter les coulisses de l'association. Pour vous révéler la recette de la qualité de cette exposition récurrente.

Avec une présence d'Imajeu dans la commune de Maromme depuis 40 ans, on peut vite fait s'imaginer une simple mise en avant des clichés de l'année de photographes amateurs. A y regarder de près, l'ambition est beaucoup plus forte que cela.

 

 

Photo : Philippe AYRAULT - Horizons

 

 

L'appui d'un photographe professionnel

La particularité de l'activité d'Imajeu est d'accueillir en son sein un photographe professionnel, pour une durée de 2 ans. Ainsi chaque photographe membre de l'association se voit bénéficier des conseils d'un coach.

Rencontrés pour ce reportage à la Maison des Associations en septembre 2020, les membres d'Imajeu avaient prévu de présenter leurs travaux un mois plus tard. Ils en étaient alors dans la phase finale des préparatifs. Occupés à faire les tirages et encadrements. La crise sanitaire en a décidé autrement.

Plusieurs photographes nous présentent de concert les ingrédients de la recette : "On choisit un thème, avec un vote. ça nous permet de l'annoncer lors du vernissage. Et après on a un an pour travailler. ça nous laisse le temps de trouver le photographe de l'année. On fait un travail personnel et on propose des photos par rapport au thème. Et le photographe invité intervient plusieurs fois lors de la saison d'activité." Soit au final 18 mois de conseils délivrés lors de l'accompagnement.

 

Photo : Patrick DELISLE - Nature morte

Photo : Pierre OLINGUE - Les îles clémentines

 

Un thème annuel

Michel Quesnay nous détaille les atouts de l'atelier annuel : "On a chacun notre personnalité et ses propres centres d'intérêt. On arrive toujours à trouver une harmonie pour l'exposition. On a la chance de faire appel à un professionnel. Il nous apporte son oeil et son savoir en scénographie. On a quelqu'un qui nous montre comment on choisit. Quand on a 100 clichés, c'est primordial. L'enjeu n'est pas de faire une seule belle photo, mais bien une série cohérente."

Alors pour chacun, travailler autour d'un thème est parfois dérangeant. Cela oblige à réfléchir et travailler au delà de ses propres automatismes. "ça ne va pas forcément être dictatif ou illustratif. On tourne autour du thème. Il faut accepter la règle. On accepte les contraintes données par le photographe."

Lequel devient intraitable au moment du choix des clichés à exposer. "Moi je préférais celle là. Maisi il n'en a pas voulu, tant pis. Il a dit qu'elle n'avait rien de spécial. Pourtant là je vois une tête de canard en plus !", nous glisse amusé Michel Quesnay.

Chez Imajeu, les membres actuels sont présents depuis très longtemps, chacun a son style. Soit 20 à 25 photographes de tous niveaux. Amateurs, débutants et professionnels. "Depuis 4 ans, on demande aux coachs-photographes de rester deux ans. Comme ça, avec le temps, le photographe nous connait. On arrive à des choses plus construites et plus argumentées"

 

Photo : Bernard HIRCHAUD - Jardin

Photo : Isabelle RAYMOND-MAUGE - L'étreinte

 

Isabelle Raymond-Mauge participe à Imajeu depuis 9 ans : "Chacun a son propre centre d'intérêt, c'est vraiment sympa. L'enjeu n'est pas de faire une seule photo, mais bien de construire une série. Il y a un côté magique, on y passe des heures. on regarde ensemble, et on avance sur le thème."

"Alors seriez vous un modèle potentiel ?" L'invitation est à réfléchir, car sa série spécifique présentée cette année est le nu. Avec une méthode d'apparence toute simple : "Mes modèles, je les ai collés contre un arbre". Revenant d'un stage photograpique sur le thème de l'humain, la photographe a ainsi fait la jonction en 2020 entre les corps et le végétal.

 

Le végétal confiné

"Quand je suis arrivé, ils avaient déjà bien avancé sur leur sujet", nous précise le coach de l'année Erwan Fichou. "C'est un peu un piège. Pour certains, le végétal au temps du confinement, ça a été leur potager. On est très sensible à l'esthétique et la contemplation. Et on tombe vite dans le piège de la petite fleur en macro. Il a fallu rompre avec ça radicalement. Si on n'avait pas mis les choses à plat, on aurait que des petites fleurs au fond du jardin."

Pierre Olingue, président d'Imajeu depuis 7 ans, nous éclaire sur cette exposition au thème particulièrement d'actualité : "Lorsque nous avions décidé collectivement du choix de notre thème annuel, nous sortions à peine des nuages et des odeurs liés à la catastrophe Lubrizol. Ce thème «Le végétal dans tous ses états» a donc été lancé dès le mois de janvier. Mais voilà qu’un autre séisme, comme une réplique de la précédente, avec un nom sans ambiguïté : le coronavirus, vint répandre son lot d’interdictions, rendant toute sortie quasiment impossible. C’est bien à ce moment-là que la nature pouvait enfin respirer. Les rues et les campagnes désertes de tous véhicules, les oiseaux commençaient à se faire entendre de nouveau. Le végétal reprenait le contrôle. Une envie très forte de nature s’est immiscée chez chacun d’entre-nous. Notre thème prenait alors tout son sens."

 

Photo : Philippe AERNOUT - Le signe des Arbres

Photo : Christine RAMBAUD - Cristallographies végétales

 

Erwan Fichou

Côté méthode, le photographe nous révèle la demande des membres d'Imajeu à être super cadrés. Mais lui était venu avec sa propre approche : "Des intervenants aiment imposer, moi ce n'est pas du tout mon truc. On a beaucopup discuté. Si j'avais imposé ma vision du végétal, on serait passé à côté de la personnalité des participants. J'ai choisi d'aller dans leur sens et de les pousser dans leurs retranchements. Avec le risque d'une exposition hétéroclite un peu difficile à accrocher. Je m'attendais à avoir plein de photos de lin. En agriculture, on a juste quelques paysages de blés complètement flous.

"Le confinement a fait réfléchir autrement. Je leur ai demandé d'être éditeurs en plus d'être photographes Je ne suis pas commissaire d'exposition, je les aide vraiment. Et je leur laisse une liberté."

Erwan fichou a été confronté à une attente de validation de la part des membres d'Imajeu : "C'est bien ou c'est pas bien ? Je ne fonctionne pas comme ça. Ce n'est pas possible de répondre à une telle question de but en blanc. Avec le groupe de travail numérique, il y avait un recul. Je cherchais des références pour situer le travail de chacun. Et leur parler à travers des images a été plus facile qu'avec des mots." Le coaching ne signifie donc pas ne faire des copies du travail d'Erwan Fichou.

Avec les photographes confinés, des réunions ont été organisées en visioconférence pendant la période. Et des échanges de photographies ont été organisés à travers un groupe de travail numérique. Puis les retrouvailles ont permis de finaliser l'exposition.

En savoir plus sur le travail d'Erwan Fichou.

 

Sélection Erwan Fichou des clichés pour l'exposition - Photo : Pierre Olingue.

 

40 ans d'Imajeu à Maromme

Au delà d'un soutien de la part de la Ville de Maromme à travers un budget et la mise à disposition de locaux, des partenariats se sont créés au fil du temps avec l'association. Il est ainsi possible d'emprunter des clichés des membres d'Imajeu à la médiathèque communale. Cette initiative, lancée en 2018 avec une série de 20 photos, s'enrichit cette année des photos figurant dans le catalogue de l'exposition Le végétal dans tous ses états.

Ce lien indéfectible entre Maromme et la photographie date d'une volonté de Colette Privat (maire de 1977 jusqu'en 1998) de mettre à la culture à disposition de tous. A travers notamment à l'époque pionnière de l'Amicale Laïque de Maromme.

Avec des projets chamboulés par la crise sanitaire, l'association se retrouve en septembre 2021 avec une actualité événementielle exceptionnellement riche. Avec une nouvelle exposition à venir cet automne après le Végétal dans tous ses états : Ombre et lumière chez Gustave Flaubert. L'ensemble de l'atelier photographique Imajeu a mené une réflexion sur l'écrivain, toujours avec Erwan Fichou. A travers "Ombre et lumière chez Gustave Flaubert", c'est l'occasion pour chacun, de proposer une vision personnelle aboutissant à une œuvre collective. Expsoition du 6 novembre au 5 décembre et 11 novembre de 14h à 19h. A l'Académie-Le Shed, 96 rue des Martyrs de la Résistance à Maromme. Ouvert les samedis et dimanches

Et jusqu'au 5 décembre (date de la fin de l'exposition "Ombre et lumière chez Gustave Flaubert") une rétrospective des 40 ans d'activité de l'Atelier Photographique Imajeu est proposée en plein air sur grands formats. Une installation visible dans le parc de la Poudrerie Royale (Maison Pélissier), 96 rue des Martyrs de la Résistance à Maromme.
 

Rétrospective des 40 ans d'Imajeu, dans le parc de la Maison Pelissier / Photo :  Christian Blosseville - Imajeu

 

 

Exposition Le végétal dans tous ses états

Du 11 septembre au 3 octobre, à l'Académie-Le Shed  
96 rue des Martyrs de la Résistance à Maromme

 

 

Cet Article réalisé dans le cadre du Fonds de soutien aux médias d'information sociale de proximité - DRAC Normandie

 

 

 

 

 

 

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06 Septembre 2021 | Benoît Thiollent

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