Les artistes normands se pressent au Festival 55


Au premier plan, la danseuse Alexane Makosso - Photo : Pierre Olingue
Chaque jour jusqu'au 23 août, un spectacle interdisciplinaire différent de la veille, conçu dans la journée et joué le soir.

 

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En cette année 2020 si particulière, un nouveau concept artistique a fait son apparition dans la Métropole de Rouen. Avant d'essaimer dans d'autres communes de Normandie

Le milieu culturel normand étouffait à l'idée d'un été sans spectacles, concerts et pièces de théâtre. De la frustration, une idée de festival est né dans l'esprit de deux comédiens : Pendant 55 jours, jusqu'à 55 minutes de spectacle. Avec chaque soir un nouveau spectacle à un endroit différent.

55 jours et 55 minutes, pour la durée de l'isolement imposée par le confinement.

Jusqu'au 23 août, un objet artistique non défini à l'avance est proposé dans un lieu culturel. Au matin, se retrouvent des artistes tirés au sort par les organisateurs. Le soir, textes, comédie, danses, musique ou performances sont présentés au public. Avec une jauge d'une centaine de personnes.

Au soir du 3 juillet, la soirée se conclut à Rouen à l'Etincelle. Public et artistes, réunis autour d'un verre de rosé sur le parking de la salle Louis Jouvet, ont décidément du mal à se quitter.

 

Organisateurs, artistes et techniciens réunis à l'issue de la soirée du 3 juillet à Rouen - Photo : Benoît Thiollent

 

Une journée pour créer

Le musicien Sébastien Paquet résume cette journée hors normes : "C'est une journée particulière, mais tranquille en fait, les gens te font confiance. Ce matin, on ne se connaissait pas. On s'est assis, on a fait le texte, les idées, les impressions. Au début, quand on a commencé, on était à poil. Et après, chaque étape nous a permis d'aller de l'avant ça a été fluide. Prendre le risque, c'est comme se jeter. On est des gens d'expérience, ça fait la différence."

A ces côtés, la chorégraphe Delphine Caron, nous exprime sa joie de retrouver la scène et l'idée de jouer collectif : "L'enjeu est de s'amuser, et de faire plus qu'on avait individuellement imaginé. On est obligés d'avoir l'exigence de notre métier. Et en même temps, c'est un moment léger très désinvolte. Il faut une souplesse. De sentir comment trouver une cohérence, du lien en nous. Se fondre, sans se confondre." La chorégraphe n'avait pas prévu de danser, elle s'est pourtant retrouvée sur scène pour le spectacle, à virevolter aux côtés d'Alexane Makosso.

Mais comment définir cette soirée ? Avec Charlotte Goupil dans le rôle de la meneuse du spectacle, Mariette Jules, Alexane Makosso, Sébastien Paquet et Delphine Caron à ses côtés, on a assisté à une sorte de happening, melting pot de talents.

 

Lescture par Mariette Jules - Photo : Pierre Olingue

 

S'appuyant sur un texte de Charlotte Goupil et accompagnées par la musique de Sébastien Paquet, les comédiennes et danseuses se sont distribuées les rôles. Pour une évocation de l'humain à travers le sujet de l'année : le confinement. Avec une dissection des états d'âmes de la moitié de l'humanité confinée. Des enjeux collectifs à la destinée personnelle. Jusqu'à l'intime, à travers une évocation de la sexualité.

Ensemble dès qu'on fini... déconfinés

 

Dans la salle, la silhouette familière du photographe Pierre Olingue s'est glissée dans les travées. Témoin attentif de la vie culturelle rouennaise et des mouvements sociaux, Pierre Olingue a souhaité participer à son niveau au Festival 55 : "J'ai donné un coup de main pour le visuel et j'ai proposé deux reportages photos de spectacles". On retrouve à travers ces clichés, dont l'auteur nous permet d'illustrer cet article, l'ambiance de la soirée, gracieuse, intimiste et sobre en décors.

Côté spectateurs, les habitués de l'Etincelle cotoient les rouennais curieux. "Depuis mardi, on voit des spectateurs qui reviennent. Et nous suivent, comme pour tout festival", observe Amélie Chalmey de son poste d'organisatrice.

 

Naissance accélérée d'un festival

Pour Amélie Chalmey et Angelo Jossec, les initiateurs du festival 55, le planning de l'été est bien rempli. C'est justement justement l'aboutissement de leur rêve : oublier le désert culturel du confinement. Et ne surtout pas attendre l'automne pour retourner dans les salles de spectacles.

Rouen, Petit-Quevilly, Notre Dame de Bondeville, Tourville la Rivière, Saint-Pierre les Elbeuf... Entamée sur le territoire de la Métropole de Rouen, la programmation du Festival 55 s'étire désormais jusqu'à Pont Audemer, Dieppe et Bernay.

De l'avis même d'Angelo Jossec, un tel festival serait impossible à monter en temps normal. Avec des moyens financiers pour le moins limités, les portes des salles de spectacles se sont ouvertes gratuitement grâce à l'appui de la mairie de Rouen. Ensuite, le bouche à oreille du milieu artistique a montré son efficacité. Pour aboutir à un groupe hétérogène de 170 artistes, complété par des techniciens.

 

Un fonds de solidarité

Derrière cette organisation "à l'arrache", s'affiche la détermination du duo d'organisateurs d'initier un fonds de solidarité destiné aux artistes et aux techniciens.

Au delà d'un accès gratuit aux spectacles, le public est invité chaque soir sur place à participer à cette collecte. Et Amélie Chalmey et Angelo Jossec lancent désormais un appel à toutes les structures culturelles et les municipalités du territoire de la métropole rouennaise, les départements de Seine-Maritime et de l’Eure, la Région Normandie et l’État. Pour constituer conjointement un fonds de solidarité.

 

Festival 55, jusqu'au 23 août. Programmation : https://cinquantecinq.com
 

 

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07 Juillet 2020 | Benoît Thiollent

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