Une résidence "artiste-journaliste" au Lycée du Bois d'Envermeu

"Kesaco, une histoire d'objets", quand les élèves se font enquêteurs pour découvrir des objets de la vie quotidienne du temps passé.
 
Pendant la crise sanitaire, l'éducation artistique se poursuit !

Un partenariat se déroule entre le Lycée du Bois et le Musée d'Histoire de la Vie Quotidienne de Saint Martin en Campagne.
 

Benoit Thiollent, un artiste - journaliste au lycée

J'exerce l'activité d'artiste plasticien depuis plus d'une vingtaine d'années. Et je suis journaliste pour le site web rural Agri-Culture.fr. A ce titre, je réalise des reportages sur les résidences d'artistes dans l'enseignement agricole. Et, pour la première fois, je passe de l'autre côté du miroir. En faisant une intervention d'artiste et de journaliste au Lycée du Bois d'Envermeu. Je suis accueilli dans la classe de Marion Quibel, professeure d'éducation socioculturelle.

Je n'avais pas imaginé me retrouver un jour à animer un cours devant quatre classes avec des d'élèves portant un masque. Ce masque, c'est l'objet de l'année 2020. Désormais on le sait, il marquera nos vies à jamais. On l'oubliera un temps, une fois qu'on en sera délivrés. Mais on s'en souviendra plus tard. Peut être même que des personnes nées après 2020 auront du mal à nous croire quand on leur racontera notre vie quotidienne dictée par le coronavirus.

L'étude des objets anciens, c'est précisément le but de ma résidence au lycée du bois. Depuis 25 ans, des objets, j'en ai collecté, détourné, et créé aussi de toutes pièces. Pour susciter une réflexion sur notre époque. Non pas pour suggérer niaisement que c'était mieux avant. Mais pour mieux appréhender le temps présent. Dans ce monde de technologies et de miniaturisation, ce n'est pas perdre son temps que de découvrir les changements et bouleversements opérés en quelques décennies.

Aussi, face à des adolescents accros aux smartphones, j'ai décidé de commencer mon intervention en leur faisant découvrir leurs ancêtres. J'ai commencé par un appareil à pièces d'une cabine publique.
 

 

Vous mêmes, vous souvenez vous du son émis lors de la composition du numéro sur un téléphone à cadran ? Si oui, des souvenirs doivent alors vous revenir immédiatement sur son usage et votre vie de l'époque. C'est précisément dans cette recherche de l'usage que j'emmène les élèves de troisième, seconde, première et terminale du lycée du bois.
Je m'appuie pour cela sur les collections du Musée d'Histoire de la Vie Quotidienne de Saint Martin en Campagne. Alors bien sûr, ce foutu coronavirus a chamboulé tous mes plans. Les 97 élèves en premier lieu concernés finiront l'année scolaire par une visite du musée. Au lieu de faire cette visite à l'automne, comme c'était initialement prévu. Qu'importe, on s'est adaptés pour présenter des objets similaires à ceux du musée au lycée.
Grâce à un blog hébergé sur Agri-Culture et les réseaux sociaux, on va faire profiter les autres classes d'une enquête sur des objets anciens. Et aussi faire sortir le travail des élèves hors de l'établissement.
Mais pour s'adresser à d'autres, il faut communiquer. Synthétiser une idée, la définir par un titre, rédiger un article. Me voilà reprenant ma casquette de journaliste pour guider les élèves pour des publications sur le web.
 

Les histoires des objets

Mon intérêt pour les objets est patrimonial. Et non celui d'un collectionneur intéressé par la possession et l'exhaustivité. Aussi, l'intérêt vis à vis d'un objet se double d'une recherche des circonstances historiques de son utilisation. De l'aspect pratique jusqu'à la sociologie.

J'utilise dans ma pratique artistique des objets connus de tous pour sonder la dualité du vrai et du faux. Dans le cadre d'une affirmation présentée au public lors d'une exposition. Sur le principe du « plus c'est gros, plus ça passe », je questionne notre rapport à l'autorité. Spécifiquement celle de l'Etat dans le cadre des lois. Celle aussi des sachants et des médias au niveau de leur capacité à asséner une vérité. Entre injonctions coercitives, affirmations et interrogations vis à vis de ses comportements individuels, le spectateur doit alors composer sa propre vérité face à l'information visuelle et écrite reçue.

 

Fouilles archéologiques - Installation Benoît Thiollent - Terre Attitude 2003 à Saint-André sur Cailly.

 

Cet article a été réalisé dans le cadre de Kesaco, une histoire d'objets.
Résidence julemée Journaliste/Artiste par Benoît Thiollent au Lycée du Bois d'Envermeu,
Année scolaire 2020-2021 - Cours d'éducation socioculturelle de Marion Quibel.

Késaco est soutenu par la Drac Normandie, la Draaf Normandie, le Lycée du Bois d'Envermeu et la commune de Petit Caux à travers le Musée d'Histoire de la Vie Quotidienne.

09 Mars 2021 | Lycée du Bois

Du même auteur...

 Késaco est une résidence d'artiste et de...
31 Mai 2021 | 0
https://youtu.be/mHffWgVgLBgLe rabot est un outil pour...
07 Mai 2021 | 0
 Cette pince a été inventée fin 19e, début du 30e...
06 Mai 2021 | 0
Cet objet était un moyen de chauffer le lit. On y plaçait...
06 Mai 2021 | 0
string(80) "Une résidence "artiste-journaliste" au Lycée du Bois d'Envermeu"
string(65) "Une résidence "artiste-journaliste" au Lycée du Bois d'Envermeu"